Au nom du parti Communiste, je tiens à remercier de cette initiative Mr le Maire ainsi que François Gremy, conseiller municipal en charge des Anciens Combattants qui en est à l’origine.
Il s’agit aujourd’hui de sortir de l’anonymat notre camarade Fernand Labrousse et d’honorer sa mémoire par une reconnaissance officielle.
Déjà, il avait fallu de la ténacité aux élus communistes de Saint-Médard en Jalles depuis une décennie pour que soit enfin inscrit son nom au monument en sa qualité de mort pour la France.

Fernand Labrousse
Fernand Labrousse était un militant très actif du Parti Communiste de la Gironde. Il fût secrétaire de la section locale du PCF et candidat aux élections cantonales en 1937 pour le canton de Blanquefort.
Ajusteur-mécanicien, il rentra à la Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Sud-Ouest en 1937 mais en fût licencié l’année suivante pour avoir organisé un mouvement de grève. Cela ne l’empêcha pas de continuer à s’investir dans la cellule de l’usine malgré l’interdiction du PCF en septembre 1939.
Selon les mots même du Préfet qui signa son maintien en prison le 10 juin 1941 : « Fernand Labrousse, connu dans les milieux syndicalistes non communistes, était considéré comme un homme intelligent, très actif, jouissant d’une influence et d’une autorité réelle parmi les dirigeants du Parti Communiste ».
Fernand Labrousse est mort parce que résistant communiste.
Il faisait partie, comme 34 autres communistes, des 50 otages fusillés au camp de Souge le 24 octobre 1941 par les Allemands en représailles de l’exécution d’un conseiller militaire allemand trois jours plus tôt par la Résistance.

Colonel Fabien
Deux mois auparavant, Pierre Georges, dit Colonel Fabien, en tuant un aspirant de marine allemand à Paris, donnait le signal de la lutte armée et , pour reprendre les mots de Thomas Mann, » faisait entrer la Résistance intérieure dans la guerre« .
En accord avec le code des otages établi par les allemands en septembre 1941, c’est bien des hommes de Vichy qui vont dresser les listes des fusillés, choisir qui doit mourir.
Ce travail de mémoire est donc essentiel pour combattre non seulement l’oubli mais aussi les révisions qui aujourd’hui visent à édulcorer la démarche criminelle des l’armée allemande mais aussi de celle l’Etat français.

Camp de Souge. 1er août 1944
Les 80 ans de l’exécution des 50 otages du camp de Souge est bien d’une actualité terrible.
Hier comme aujourd‘hui, la France croupion du Maréchal Pétain distille toujours sa haine.
Le négationnisme, l’antisémitisme et le racisme polluent les médias. Des propos nauséabonds nous sont présentés sans honte par des bonimenteurs se réclamant de la « vraie France ».
Cet hommage à Fernand Labrousse, enfant de Saint-Médard en Jalles, est donc l’occasion de redire combien nous sommes redevables à tous ces hommes et femmes, morts pour s’être engagés contre le fascisme, contre l’esprit de résignation et de collaboration.
Ils n’ont douté de rien !
Pour terminer, en pensant à Fernand Labrousse, je voudrais citer les mots de Guy Moquet, fusillé à Châteaubriant le 22 octobre 1941 à l’âge de 17 ans.

Guy Moquet
« Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27, qui allons mourir.»
Un grand merci à l’Association du Patrimoine de Saint-Médard en Jalles qui fait un travail essentiel de recherche sur l’histoire de notre commune et particulièrement à Arlette Capdepuy qui a rédigé à l’occasion de cet hommage- anniversaire un document auquel j’ai fait plusieurs emprunts.

Association du Patrimoine de Saint-Médard en Jalles
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